Si l’on part de la définition juridique de la chasse en général telle que définie à l’article L.420-3 du code de l’environnement, un acte de chasse est « tout acte volontaire lié à la recherche, à la poursuite ou à l’attente du gibier ayant pour but ou pour résultat la capture ou la mort de celui-ci ».
La chasse à courre est prévue à l’alinéa 1er de l’article L. 424-4 du code de l’environnement.
Ce type de chasse consiste à poursuivre un animal (cerf, chevreuil, renard, sanglier ou lièvre) avec une meute de chiens jusqu’à l’épuisement de l’animal poursuivi (et souvent jusqu’à l’épuisement des chiens).
Plus précisément, après avoir été pourchassé pendant de longues heures, l’animal finit sa course de plusieurs façons possibles :
- Il peut s’effondrer de fatigue ; les chasseurs lancent alors les chiens sur lui, qui le dévorent vivant, avant que les chasseurs ne viennent l’achever à l’arme blanche.
- Parfois, l’animal épuisé et terrifié meurt d’une crise cardiaque.
- Il peut trouver refuge dans un étang, où les chasseurs vont alors le noyer.
- Il peut se réfugier dans une zone habitée, où les chasseurs lanceront les chiens sur lui, prenant tous les risques malgré la présence de population.
L’animal ainsi traqué sur plusieurs heures est extrêmement tendu et sa viande ne peut être consommée, elle sera donnée aux chiens.
S’agissant justement des chiens de chasse à courre, ils sont environ 30 000 en France et sont sélectionnés pour chasser certains animaux. Ce sont des acteurs centraux de cette pratique, et sont considérés comme de simples outils. Les jours de chasse ils courent des dizaines de kilomètres, ils se mettent en danger en traversant des routes très fréquentées et affrontent les animaux pourchassés. Certains chiens sont gravement blessés, éventrés et tués par les sangliers et les cerfs. Les chiens de la meute blessés ne sont pas toujours soignés, ils sont ramenés au chenil, qui leur sert de maison hors périodes de chasse.
Quant aux chevaux utilisés, ils sont au nombre de 7 000 et sont eux aussi soumis à de rudes épreuves au cours de ces journées de chasse à courre.
Les chasseurs à courre présentent cette pratique comme une activité sportive, un loisir, une tradition, voire un art…et plus récemment c’est « la communion avec la nature » qui a été mise en avant. Réservée à 10 000 initiés répartis en 390 équipages, la chasse à courre est autorisée du 15 septembre au 31 mars (article R.424-4 du code de l’environnement). Donc sur les 1,2 millions de chasseurs français moins de 1% pratiquent cette chasse particulièrement cruelle, qui rassemble une élite.
Au vu de la souffrance psychologique et physique imposée à l’animal traqué, de nombreux pays ont aboli la chasse à courre (parmi lesquels l’Allemagne en 1953, la Belgique en 1995, l’Écosse en 2002, l’Angleterre et le Pays de Galles en 2004). En Europe, elle est pratiquée en en France et en Irlande.
En France, plusieurs propositions de lois visant à interdire la chasse à courre, ont été déposées. Aucune n’a abouti.
Pourtant, un sondage IFOP de 2025 (commandé par la FBB) révèle que vous êtes 72% à vous positionner contre cette chasse particulièrement cruelle.
Les chasseurs, qui ont tenté de se présenter comme les premiers écologistes de France, ne peuvent pas avancer l’argument de la régulation. S’agissant de la chasse à courre, l’argument n’est pas audible. Les parlementaires à l’origine des diverses propositions de loi, ont notamment insisté sur le fait que la chasse à courre ne participe pas à la régulation. À ce titre, le ministère de la transition écologique dans une circulaire du 31 octobre 2020, présentait la chasse à courre comme une « chasse de loisir sans impact sur la régulation du gibier ». Sans oublier que la chasse à courre a un impact négatif sur l’écosystème forestier de par la logistique nécessaire pour cette pratique (nombreux camions, 4×4, pick-up etc) qui envahit les forêts.
Enfin, la pratique de la chasse à courre donne lieu à de nombreuses tensions avec les riverains, chez lesquels les animaux chassés viennent se réfugier. Cette chasse est source d’insécurité pour les riverains et pour leurs animaux domestiques (nous recevons de nombreux signalements suite aux accidents provoqués par la meute des chiens de chasse s’en prenant à des chats et des chiens). Face aux troubles à l’ordre public causés par ces équipages, les Français acceptent de moins en moins de telles pratiques et les oppositions avec les chasseurs sont très fréquentes et médiatisées.
Résultat du sondage sur la chasse à courre